SpaceX poursuit ses ambitions dans les télécommunications. Elon Musk vient de conclure un partenariat pluriannuel avec Qualcomm afin de développer les infrastructures terrestres de Starlink Mobile, avec pour objectif de combiner les satellites de Starlink avec les réseaux mobiles traditionnels, et potentiellement de concurrencer des opérateurs comme Verizon, AT&T ou T-Mobile.
SpaceX et Qualcomm s'associent autour de Starlink Mobile
Selon CNBC, SpaceX a signé un accord pluriannuel avec Qualcomm pour développer les stations de base de son futur réseau mobile Starlink. Le spécialiste américain des semi-conducteurs fournira des technologies destinées aux infrastructures terrestres, indispensables au fonctionnement d'un réseau cellulaire à grande échelle.
SpaceX souhaite désormais aller plus loin avec Starlink Mobile, qui ambitionne de connecter directement les smartphones à sa constellation orbitale. L'entreprise disposerait déjà de plus de 15 000 satellites participant à son infrastructure de connectivité directe, selon les informations rapportées. Un chiffre qui mériterait toutefois d'être distingué du nombre total de satellites Starlink effectivement opérationnels.
Un réseau qui combine satellites et antennes terrestres
Même pour un réseau mobile par satellite, les infrastructures au sol demeurent essentielles. Les stations de base permettent notamment de gérer une partie du trafic, les échanges de données et les transitions entre différentes zones de couverture.
L'idée de SpaceX est de développer une architecture hybride, associant les capacités des satellites à celles des réseaux terrestres. Dans les grandes villes, où les besoins en bande passante sont particulièrement importants, les infrastructures classiques peuvent absorber une grande partie des communications.
À l'inverse, les satellites peuvent assurer une couverture complémentaire dans les zones rurales, les régions isolées ou lors de catastrophes naturelles ayant endommagé les réseaux habituels. Qualcomm dispose d'une solide expérience dans ce domaine, ses technologies équipant déjà de nombreux réseaux mobiles à travers le monde.
Une menace pour Verizon, AT&T et T-Mobile ?
Cette alliance intervient alors que SpaceX multiplie les investissements pour renforcer sa présence dans les télécommunications. L'entreprise cherche notamment à obtenir davantage de fréquences et à développer les infrastructures nécessaires à ses futurs services. Ses ambitions ont déjà suscité des inquiétudes sur les marchés financiers. En octobre, les perspectives de concurrence de Starlink auraient notamment contribué à une forte baisse des actions des opérateurs américains, Verizon enregistrant une séance particulièrement difficile.
Pour les opérateurs traditionnels, la principale menace serait l'arrivée d'un concurrent capable de proposer une couverture mobile étendue sans dépendre exclusivement d'un réseau d'antennes terrestres. Il faut toutefois rappeler que les communications par satellite présentent encore des contraintes importantes, notamment en matière de capacité, de débit et de disponibilité en environnement urbain dense. SpaceX devra également composer avec les réglementations nationales et l'attribution des fréquences radio.
Qualcomm pourrait aussi profiter de cette transformation
Pour Qualcomm, cet accord représente une occasion de diversifier ses activités au-delà de ses clients habituels dans les télécommunications. Le fabricant pourrait ainsi devenir un fournisseur important des futures architectures hybrides, associant réseaux cellulaires et satellites. Cette stratégie intervient également dans un contexte de concurrence croissante entre SpaceX et Amazon sur le marché de l'Internet spatial. Aux États-Unis, les prochaines décisions de la FCC concernant l'attribution de nouvelles fréquences pourraient jouer un rôle important dans le développement de ces services.
Qu'en penser ?
Avec Qualcomm, SpaceX franchit une nouvelle étape dans ses ambitions de devenir un véritable opérateur mobile, capable de combiner réseaux terrestres et satellites. Cette stratégie pourrait également passer par le rachat de Boost Mobile, actuellement détenu par EchoStar. Selon plusieurs informations, Elon Musk aurait déjà engagé des discussions en ce sens. Une acquisition qui permettrait à SpaceX de récupérer plusieurs millions d'abonnés et d'accélérer le lancement de Starlink Mobile. Mais l'opération pourrait se heurter à un obstacle de taille : Boost Mobile dépend des réseaux d'AT&T et de T-Mobile, deux opérateurs que SpaceX entend précisément concurrencer. Ces derniers pourraient donc avoir leur mot à dire sur un éventuel rachat.